INTERVIEW : Master Class Silent Hill - Christophe GANS ! ! !

INTERVIEW : Master Class Silent Hill - Christophe GANS ! ! !
Attendu par quelques milliers d'aficionados, l'adaptation cinématographique du jeu Silent Hill arrive très prochainement sur nos écrans. Histoire d'accompagner dignement la sortie de son bébé, Christophe Gans s'est prêté au jeu de la Masterclass vendredi 14 avril à la Fnac des Halles où il était attendu au tournant par une horde de fans trépignant d'impatience à l'idée de voir leur jeu préféré crever le grand écran. Un événement d'autant plus important que le réalisateur n'est pas venu seul mais accompagné du créateur du jeu Akira Yamaoka par ailleurs compositeur de la très belle bande originale de la saga horrifique de Konami.


Christophe, qu'est ce qui vous a fasciné dans Silent Hill ?

Christophe Gans : Ce qui m'a fasciné c'est la façon instantanée que l'on a d'être absorbé par l'atmosphère de Silent Hill, à savoir un univers à la fois plastique, graphique, mystique voire métaphysique et qui m'a littéralement soufflé après seulement trois heures de jeu. J'ai donc appelé mon producteur attitré Samuel Hadida en lui disant que c'était la première fois que je jouais à un jeu qui avait la stature d'un grand film et qu'il fallait absolument qu'on en obtienne les droits, ce qui s'est révélé être un long travail de plusieurs années avant qu'on soit finalement choisis par la Silent Hill team pour porter cette lourde responsabilité.




Cela a été une vraie profession de foi filmique puisque vous avez fait traduire une interview en japonais pour pouvoir convaincre Akira Yamaoka ...

Christophe Gans : Je suis parti du principe que Silent Hill était un jeu tellement unique que ses auteurs voudraient forcément que son adaptation soit aussi respectueuse que possible. J'ai donc réalisé une vidéo que j'ai faite traduire en japonais où je leur disais que s'ils me choisissaient, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour respecter Silent Hill et leur rendre justice car ce qu'ils ont fait est incroyable.

Akira, beaucoup de grands studios ont eu des vues sur Silent Hill, pourquoi avoir fait confiance à Christophe et pas à quelqu'un à d'autre ?

Akira Yamaoka : Lorsqu'avec l'équipe de Konami nous avons vus la vidéo envoyée par Christophe et la passion avec laquelle il parlait de Silent Hill, nous avons été immédiatement convaincus.




Christophe Gans vous a beaucoup consulté durant l'écriture du scénario, c'est la première fois qu'on voit un éditeur de jeux vidéos aussi impliqué dans la transposition cinématographique de l'un de ses jeux...

Akira Yamaoka : À la base les Silent Hill se distinguent des autres jeux par leurs éléments psychologiques et leurs dramaturgies très poussés, c'est ce qui nous a poussés à suivre ce projet d'aussi près.

Le film représente t'il votre propre vision de Silent Hill ?

Christophe Gans : J'espère que ce ne sera pas simplement la mienne, car je pars de l'hypothèse que chaque personne ayant joué à Silent Hill a fait un voyage avec sa façon de le vivre, ses peurs et son rythme à lui, et que, par conséquent, ce qu'il en a ramené est forcément la vérité. Nous avons abordé Silent Hill non pas comme une tige mais comme une véritable arborescence. Il n'y a pas une façon de jouer à Silent Hill mais des millions qui sont autant de joueurs. C'est pourquoi je me suis entouré de deux autres grands gamers, Roger Avary et Nicolas Boukhrief, et nous avons comparé ce que nous avions ramenés tous les trois de ce voyage. Si je voulais faire une adaptation respectueuse vis-à-vis des fans, il était important que nous gardions cette idée de mémoire collective.




Comment parvient-on à satisfaire aussi bien les fans que le grand public ?

Christophe Gans : Jusqu'à maintenant les adaptations de jeux vidéo étaient très opportunistes, seuls les titres et les personnages étaient repris. Au lieu de capter l'essence du jeu vidéo, le cinéma s'est contenté de prendre ce qui ressemblait à du cinéma faisant ainsi de Lara Croft une sous Indiana Jones et de Resident Evil un sous film de zombies. Les jeux vidéo doivent etre pris pour ce qu'ils sont et non pour du sous-cinéma, ainsi on parle beaucoup de l'influence de l'Echelle de Jacob sur les jeux Silent Hill. Or, le premier piège aurait été de faire du film une nouvelle version de l'Echelle de Jacob. Silent Hill est avant tout un jeu extraordinaire avec une ambiance qui lui est propre et dont le support est le jeu vidéo. Il était dans mon intérêt, mais aussi dans celui des fans et des créateurs, que j'évite de faire un travail de fan boy, c'est-à-dire enfermer le film dans une étroitesse en totale contradiction avec ce qui fait l'intérêt du jeu. Il s'agissait avant tout pour moi de montrer ce qui en faisait une œuvre unique, à savoir un univers pyramidale où toutes les interprétations psychologiques et spatiales sont possibles.




Akira, comment s'est passé votre travail sur la bande originale ?

Akira Yamaoka : Quand j'ai commencé à travailler sur le jeu Silent Hill, je me suis toujours dit qu'il fallait donner un coté particulier au son et ne pas se contenter d'une simple musique mais de quelque chose de plus diffus. J'ai eu exactement la même réflexion quand on m'a demandé de travailler sur le film, il ne fallait pas se contenter d'obéir aux ficelles du film d'horreur type, aussi bien au niveau de la mise en scène que de la musique.

Pourquoi avoir transformé le personnage principal du jeu Silent Hill en femme ?

Christophe Gans : Roger, Nicolas et moi étions d'accord pour adapter Silent Hill 1 et ainsi raconter la quête d'Harry Mason à la recherche de sa petite fille dans la ville de Silent Hill. Après avoir mis tous les dialogues du jeu sur un script, nous nous sommes rendus compte que quelque chose ne collait pas avec ce personnage principal qui était tout le temps en train de pleurer et de s'évanouir. Nous avions le choix entre le durcir un peu plus, sans toutefois le transformer en héros d'action, ou en faire une femme, ce qui était d'autant plus intéressant que cela faisait sens avec tout ce qu'on savait de Silent Hill. Soudain ça devenait un film sur la maternité, l'immaculé conception, les sorcières... Silent Hill est en fait un matriarcat et si on poussait le personnage masculin hors de notre vue, il n'y avait plus que des femmes et une problématique de femmes. En transformant Harry Mason en personnage feminin, on savait exactement où on allait c'est-à-dire vers un film mythologique sur Silent Hill. On a changé les noms et il était clair pour nous que cela ne se déroulait plus dans la même dimension que le premier Silent Hill.




Comment créer chez le spectateur néophyte une identification avec le personnage principal de Silent Hill ?

Christophe Gans : Pour moi l'identification à un personnage au cinéma marche à partir du moment où le film est bon. C'est plus difficile de retranscrire au cinéma la subjectivité qui nous anime quand on joue à un jeu comme Silent Hill. Son intérêt réside dans sa capacité à inviter notre perception de manière constamment ludique, et ainsi solliciter l'intelligence du joueur, il est ici réellement question d'interactivité. Silent Hill, le jeu, c'est aussi l'histoire d'un homme plongé dans un monde crypto ésotérique qui découvre peu à peu des indices sur l'histoire de cette ville. C'est un univers qui est destiné à un public actif dont je fais partie, donc plus exigeant et hargneux, et auquel je m'adresse à travers les films de genre que j'ai envie de faire aujourd'hui. La recette du film de genre reste la même, mais le langage évolue. Il ya dix ans, Samuel Hadida et moi nous nous demandions comment traduire le langage du manga à l'écran. Avec Silent Hill nous nous sommes tout naturellement demandé comment traduire son langage ludique afin de correspondre à un public structuré par ce dernier. Ainsi, je pense qu'il peut y avoir des points d'émergences entre le cinéma, passif, et le jeu actif, lorsqu'une équipe passionnée et raisonné s'adresse à un public intelligent.

Akira Yamaoka : En tant que producteurs de Silent Hill, nous voulions faire ressentir au spectateur une sorte de peur universelle et nous avons pris beaucoup de plaisir à travailler sur la traduction de cette peur à l'écran.

Comment avez-vous trouvé Jodelle Ferland qui joue le double rôle de Sharon et Alessa la petite fille maléfique de Silent Hill ? (Attention Spoilers !)

Christophe Gans : Dans la mythologie Silent Hill, Alessa existe sous trois incarnations différentes : Cheryl (Sharon dans le film) sa part bonne mise à l'abri dans la réalité, et deux autres formes, une projection d'elle brulée et une autre non brulée. Quand nous avons commencé à travailler dessus, je me suis dit qu'il faudrait trouver une petite fille capable de jouer au moins trois Alessa (nous avions même songé à engager des triplés de peur de ne pas trouver un enfant capable de faire tout cela à la fois) sachant que nous allions tourner dans le désordre un film dont l'histoire se situe dans quatre dimensions distinctes avec une fille de 10 ans qui doit jouer trois personnages différents ! Je me suis souvenu d'une petite fille de 8 ans qui jouait dans un épisode de Kingdom Hospital (Adaptation américaine de la série de Lars Von Trier. NDLR). Au Canada, j'ai appris qu'elle jouait dans Tideland de Terry Gilliam, j'ai ainsi demandé à voir les screen test et j'ai été littéralement bluffé : on la voyait avec trois têtes de poupées fixées à ses doigts, changer de voix selon les têtes de poupées et tenir une conversation entre chacune d'elles, elle jouait donc trois rôles différents. J'ai réalisé qu'elle était l'actrice idéale pour jouer ces rôles, l'obstacle qui semblait le plus infranchissable a finalement été résolu en premier puisque elle fut la première actrice a être castée dans le film. Elle était saisissante, car contrairement aux autres acteurs qui me demandaient constamment dans quelle dimension se situaient les scènes qu'on venait de tourner, elle savait où on était car elle jouait, revenant ainsi aux origines memes de ce film qu'est le jeu. C'était incroyable de la voir se projeter à un endroit de l'espace et du temps et arriver a être absolument constante par rapport à ça.




L'histoire de la ville de Silent Hill s'inspire t elle de l'incendie de Centralia en Pennsylvanie ? (Attention spoilers !)

Christophe Gans : Nous voulions représenter la réalité de Silent Hill, contrairement au jeu qui le montre comme un espace dans le brouillard, car nous savions qu'à un moment donné du film le mari de Rose allait partir à sa recherche et que nous y inclurions un flashback racontant l'histoire d'Alessa. Silent Hill étant un lieu métaphorique il nous fallait quelque chose d'évocateur. C'est à ce moment que Roger Avary m'a envoyé un lien sur une ville minière d'Amérique appelée Centralia, ayant connue un incendie qui l'a transformée en ville fantôme où il est désormais impossible d'entrer du fait des émanations toxiques qui s'en dégagent. Ainsi, nous avons rapidement fait un parallèle entre Silent Hill et Centralia, cette dernière restant une ville maudite sous laquelle les feux de charbons bruleront pour toujours. Nous nous sommes donc servis de ce qui était arrivé à la ville de Centralia pour nourrir la mythologie de Silent Hill. Enfin, comme nous voulions éviter que les créatures soient prises en photo et mises sur le net, nous avons donc décidés, durant le tournage, d'appeler le film « Centralia ».

Comment êtes-vous parvenu à traduire visuellement l'univers de Silent Hill ?

Christophe Gans : Selon moi, Silent Hill est une jungle peuplée d'une faune particulière, les monstres ne sont pas le sujet même du récit. J'ai voulu pousser un peu plus loin le concept du jeu où il suffit de les éviter. De fait, si on conçoit que la dimension de Silent Hill est l'enfer, alors ces monstres sont des damnés au sens poétique du terme : ils sont un peu comme les fantômes japonais, c'est-à-dire des résidus de sentiments oubliés aussi forts que la haine ou la culpabilité. Les monstres nous mettent mal à l'aise car ils nous rappellent des souvenirs enfouis. Patrick Tatopoulos et moi avons voulus renforcer ce sentiment par leurs formes dégénérées, mais proches de l'humain, et les avons imaginés comme des sculptures d'art moderne dont on ne voit pas tout de suite le sens mais qui nous obligent à projeter nos sentiments dessus. À titre d'exemple l'Homme sans bras et Red Pyramid sont des références directes aux œuvres d'Alberto Giacometti et de Francis Bacon. Nous nous sommes posés la question de la représentation surréaliste de ces créatures afin qu'on ne les voit non pas comme des monstres mais comme des fragments de la réalité de Silent Hill et ce, afin de rester fidèle au jeu. La promiscuité avec ces choses étant pour beaucoup dans la peur crée par le jeu, il était hors de question de les faire en images de synthèses, c'est pourquoi j'ai fait appel à des danseurs en costumes afin qu'ils donnent à ces créatures une réalité vis-à-vis des comédiens. J'ai beaucoup travaillé sur leurs mouvements en postproduction en les inversant, les étirant ou encore en changeant très légèrement leurs silhouettes afin de renforcer leurs aspects surnaturels. Produire un travail réellement plastique sur ces créatures était pour moi le seul moyen de rendre justice au travail des créateurs du jeu. Avec ma chef décoratrice Carol Spier nous avons abordé le décor comme un corps malade qui est en train de pourrir, faisant ainsi ressortir l'idée de Silent Hill comme espace organique. C'est un aspect qui m'a été évoqué par le jeu et qui est très vite devenu une des bases de direction du travail sur les effets spéciaux.




Akira, qu'avez-vous pensé de cette adaptation ?

Akira Yamaoka : J'ai pu voir le projet prendre tournure petit à petit et je suis d'autant plus satisfait du résultat qu'il est très difficile de rendre tangible une adaptation de jeux vidéos.
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# Posté le jeudi 20 avril 2006 18:25

SILENT HILL ! ! !

SILENT HILL ! ! !
SILENT HILL - LE FILM

La sortie de Silent Hill approche de plus en plus qu'on commence déjà à entendre les grincements de la grande lame de Red pyramid...De passage à Paris, la semaine dernière, le réalisateur Christophe Gans et le producteur Samuel Hadida ont pu déjà montrer à des proches, le film tant attendu. Selon certains, ce serait une véritable surprise en matière cinématographique car le réalisateur manierait ici l'horreur avec grâce et le film qui en résulte serait donc bien à l'image du jeu. On parlerait déjà d'un film d'horreur d'auteur...Ceux qui ont pu se rendre à la masterclass de la Fnac des Halles, vendredi dernier en présence du réalisateur et du créateur du jeu (retranscription à venir), ont pu déjà effleurer l'ambiance du film via deux extraits chocs. Si les références cinématographiques du réalisateur français se faisaient sentir (sans pour autant que ce soit péjoratif) dans ses précédents films, il semblerait que ce soit beaucoup plus subtil avec Silent Hill. Cela signifierait donc que le jeux vidéo guide véritablement le cinéma plutôt que l'inverse, ce qui n'était pas le cas des précédentes adaptations de jeux vidéo sur grand écran.


Il semble également que Christophe Gans ait eu droit au « final cut » car la version que nous découvrirons le 26 avril prochain durera 2h07 au grand dam de l'éditeur DVD américain qui s'imaginait sûrement déjà sortir deux éditions dont une director's cut. En tout cas, cela donnerait espoir pour les co-scénaristes, Roger Avary et Nicolas Boukhrief, également réalisateurs, d'avoir, un jour, un tel privilège venant d'un grand studio américain.


SILENT HILL



Afin de sauver sa fille Sharon atteinte d'une maladie incurable, Rose l'emmène en voiture voir une personne susceptible de lui venir en aide. Mais en chemin, Rose termine mystérieusement sa course dans la ville de Silent Hill, perdant par la même occasion toute trace de sa fille. Rose part alors immédiatement à la recherche de Sharon en compagnie d'un policier Cybil qui semble en savoir beaucoup sur cette mystérieuse ville peuplée d'ombres et de créatures inquiétantes...


Si l'attente a été longue pour tout être humain normalement constitué (comment ça non ?), elle a en plus causé crises d'angoisse et tensions internes à la rédaction d'Écran Large. Entre un Sandy persona non grata à la projection de presse, un Bruno anxieux (« Tu as joué aux jeux au moins ? ») et une Lucile contrariée (« Quoi, je peux pas venir ! »), l'heureux élu avait donc de quoi passer une bonne soirée... sous pression. Admirateur de Silent Hill et de son univers, mais pas très au fait du jeu vidéo, il avait même consenti à tâter de la manette histoire de... Assez du moins pour sourire au son d'une mandoline sur le logo Tristar. Sauf que... sauf que le plan suivant voit Radha Mitchell en Rose Da Silva courir avec son mari après sa petite fille somnambule et bavarde. « Silent Hill... Silent Hill... », répète-t-elle à tue-tête. Un prologue déconcertant, à la fois expéditif et explicatif, qui sort le spectateur du film avant même d'y entrer. Il faut ainsi attendre dix bonnes minutes, entre une image d'Épinal au pied d'un arbre et un arrêt pipi-essence à la station-service, avant le fameux accident et l'entrée dans Silent Hill. La ville, le film.

Et force est de constater que la création grandeur nature du véritable personnage central du jeu vidéo a son petit effet. Les premières déambulations de Rose dans les rues sous une pluie de cendres renvoient directement aux premières minutes jouables de son alter ego vidéo ludique, jusque dans les cadrages et les mouvements de caméra, comme Christophe Gans l'avait annoncé, presque promis. Un plaisir difficilement dissimulable, qui se mue en euphorie latente au déclenchement de la sirène d'alarme. And the darkness falls ! Si le réalisateur français utilise avec talent l'obscurité et la luminosité d'un briquet, il échoue à faire preuve de réelle originalité, et encore moins à révolutionner un genre, une cinématographie codifiés. La faute à une mise en scène mécanique, enchaînant courts plans portés à l'épaule et longues séquences à la steadycam. Cette immersion dans l'épouvante et l'horreur est tout de même salvatrice et porteuse d'espoirs pour la suite. Malheureusement, la lente descente aux enfers de Rose, et du spectateur, est parasitée par des allers-retours avec la réalité et Sean Bean, dont la brièveté, la récurrence et surtout l'inutilité finissent par plomber le bon déroulement d'un récit avant tout linéaire. Il est de notoriété publique que Christophe Gans et son scénariste Roger Avary avaient signé un premier script entièrement féminin et refusé, avant d'y ajouter bon gré mal gré le personnage du mari. Un sacré boulet au final, qui en plus de désamorcer le mystère avec sa pauvre enquête, renseigne sur la structure du long-métrage, ou plutôt sur son appréciation à travers trois niveaux de lecture, comme autant de Silent Hill.

Le premier suit donc un Sean Bean syndical râler au téléphone, conduire une voiture, faire des blagues avec le chef de la police. Du grand cinéma. Le second niveau épouse le parcours fléché de Rose, épaulée de Cybil la flic, à la recherche de sa fille dans la ville fantôme. Une errance cendrée au rythme des rencontres, des indices et puis de l'ennui et de l'indifférence. En effet, le scénario du pourtant talentueux réalisateur de Killing Zoé et Les lois de l'attraction s'avère tout d'abord direct, brut, malin avant de devenir laborieux et terriblement volubile. Or, dès que Radha Mitchell ouvre la bouche, elle ne colle plus du tout à son image de survivante, miroir humain des horreurs qui l'entourent. Mention spéciale d'ailleurs à son répétitif, et donc drôle « Tout va s'arranger ». C'est le déclenchement de la fameuse sirène qui marque le passage au troisième niveau de lecture, le plus intéressant, le plus réussi. Alors que le ciel s'obscurcit, que les héroïnes paniquent, le spectateur se frotte déjà les mains. Car il faut admettre que le film bascule immédiatement dans des représentations horrifiques puissantes. Christophe Gans peint avec sa caméra de véritables tableaux vivants des cercles de l'enfer de Dante. De ce point de vue, les attaques de Pyramid Head sont des claques mémorables.

Mais au-delà des effets numériques bluffants, d'une absence de concessions (faut-il être Français pour avoir cette liberté aux États-Unis, cf. La Colline a des yeux d'Alexandre Aja), c'est bien le travail sur le son et la musique qui fait toute la différence. Équivalent du Dual Shock sur une manette de jeu, les sonorités organiques, les basses sourdes et un sifflement à peine perceptible mais continuel participent à faire de cette poignée de scènes de vraies expériences (expérimentations ?) sensorielles. Quant à la grande question, est-ce que Silent Hill le film fait peur ? La réponse est sans conteste, et malheureusement, non. Par contre, il impressionne !
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# Posté le jeudi 20 avril 2006 18:15

SILENT HILL ! ! !

SILENT HILL ! ! !
LE FILM DE L'ANNEE 2006 ! ! !

EFFRAYANT ! ! !

DU GRAND CINEMA ! ! !
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# Posté le mercredi 19 avril 2006 07:50

HOLDEN - LE CLIP ! ! !

HOLDEN - LE CLIP ! ! !
HOLDEN - CHEVROTINE



A voir absolument le merveilleux clip du groupe french HOLDEN d'urgence avec la magnifique voix de la chanteuse Armelle ! ! !




LE CLIP ici >>>>>>>>>>>>>>>>>>> http://www.doncvoila.net/




Holden - Chevrotine


01. Ce que je suis
02. Charlie, Rosie et moi
03. Madrid
04. Sur le pavé
05. Les cigales
06. L'orage (avec Jean-Louis Murat)
07. Quelque chose en moi
08. Comme une fille
09. L'essentiel
10. En septembre
11. Dès demain



http://www.myspace.com/holdenfrance


Band Website: www.holden.fr

# Posté le samedi 08 avril 2006 12:09

HOLDEN ! ! !

HOLDEN ! ! !
HOLDEN - CHEVROTINE


Dans la lignée de Françoise Hardy et Autour de Lucie, la chanson pop française de qualité et un brin élitiste compte une voix féminine gracieuse et cinglante avec Holden. Sur un ton souple et détaché, le groupe embarque pour son troisième album après une absence de quatre années pour créer et peaufiner Chevrotine. Faux rythmes, jeux de sons, empreint de légèreté, Holden propose une écoute épurée, simple, d'un calme presque paradisiaque. Transporté sur des mélodies sans excès, les mots s'alignent pour partager visions personnelles et histoires improbables.

Holden propose un minimalisme musical dans lequel les partitions simples donnent un rendu agréable, langoureux parfois, une sorte de pop dans le même registre que celle de Benjamin Biolay ou Fred Poulet la touche électro en moins. Quelques légères sonorités inattendus, quelques effets électro... « quelques » qui n'apportent pas un véritable changement. La composition est d'un faux calme par rapport aux paroles pleines de nostalgie ( Charlie, Rosie et moi, Madrid ), regret ( Ce que je suis ), abandon ( Sur le pavé ). Les paroles traduisent un profond sentiment de mal être, le ton est en contradiction avec la musique apportant un bien-être mais la voix s'accorde avec justesse sur les rythmes chaloupés. Parfois, on se croirait dans une salle de concert seul à seul avec Holden . L'envie de fermer les yeux et de se laisser bercer et emporter par cette voix a priori plate mais bien au contraire traversée d'émotions cachées.

Le subtil et classieux Ce que je suis délivre une première impression positive à l'issue de 4.36 minutes de minimalisme musical laissant la voix d' Armelle Pioline jouer des mots à travers un texte intimiste. Madrid reprend ses couleurs latines et avec des couleurs jazzy pour une visite de la capitale espagnole en toute hâte. Certainement l'influence chilienne de leur lieu d'enregistrement... Le langoureux Les cigales importe une touche d'électro sur un tout petit tempo. La voix se joue, se déjoue et s'enjoue sans s'élever des textes. Le parrain Jean-Louis Murat vient donner un coup de main sur le calme et ténébreux L'orage, l'invité y livre d'ailleurs une prestation pleine de force empruntant une inhabituelle « grosse voix rauque » pour s'ouvrir sur le bon Quelque chose en moi . Les morceaux pop s'enchaînent avec un stakhanovisme déconcertant qui lasse si on ne s'intéresse pas aux textes ( Comme une fille, En septembre ...).

Une impression de passé se dégage de Chevrotine . Loin d'être une balle perdue, la galette de Holden s'offre un retour dans les 60's et 70's. Chaque titre est peaufiné, marqué d'un sceau propre au groupe avec une certaine nostalgie qui le rend unique. Holden redonne le parfum d'antan dans un album constant sans pour autant qu'un titre ne se dégage véritablement du lot.

Holden - Chevrotine


01. Ce que je suis
02. Charlie, Rosie et moi
03. Madrid
04. Sur le pavé
05. Les cigales
06. L'orage (avec Jean-Louis Murat)
07. Quelque chose en moi
08. Comme une fille
09. L'essentiel
10. En septembre
11. Dès demain



http://www.myspace.com/holdenfrance


Band Website holden.fr/


Band Members Armelle Pioline, Mocke, Ludovic Ludo Leleu , Cristóbal Carvajal, Pierre Jean Grappin
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# Posté le vendredi 31 mars 2006 06:49